L’association Arts&Publics a pour objet la médiation entre les publics de la culture et les opérateurs existants. Elle valorise les musées gratuits et particulièrement la gratuité du premier dimanche du mois. Elle diffuse des informations et organise des événements pour en assurer la promotion. Amoindrir les barrières culturelles relève d’une mission fort large dans laquelle doivent intervenir les milieux de l’éducation permanente, des différents systèmes d’accessibilité, des équipes pédagogiques et de médiation, de l’enseignement. C’est là que réside le plus grand défi des musées aujourd’hui et c’est le but de notre projet : contribuer à réapprendre à regarder.

La démarche d’Arts&Publics s’inspire du travail de relations entre arts et publics menés par quelques trop rares opérateurs culturels en Europe. Elle peut être résumée par l’excellente description faite par Roland de Bodt, chercheur et écrivain.

Elle suppose une modification des relations de nos entreprises culturelles avec les populations pour constituer, reconstituer et élargir de nouveaux publics. Cet élargissement des publics est constitué par trois préoccupations distinctes :

– non seulement la fidélisation des publics actuels mais aussi la « refidélisation » des publics qui ont décroché pendant une ou plusieurs saisons ;

– l’accroissement de publics nouvellement « conquis » parmi les populations ;

– mais encore la diversification, c’est-à-dire l’ouverture aux différentes origines sociales de ces publics.

Roland de Bodt, « Dix ans d’action de formation continuée en vue de l’insertion professionnelle », in Théâtre et publics – Profession acteur 1993-2003, Liège, 2005, p. 63.

Ainsi, Arts&Publics vise notamment à développer les relations des institutions muséales avec les organisations d’éducation permanente, les organisations de jeunesse, les centres culturels, les associations visant à animer la vie des familles, des seniors, des gens en situation sociale précaire et des usagers de la culture en général.

Depuis sa création le 26 mars 2012, un important travail a été réalisé : contacts avec les musées, mise en place d’outils médiatiques, campagne d’information et de mobilisation des publics. Depuis 2013, notre association exerce une véritable mission de service public puisqu’elle accompagne un décret entré en application le 1er janvier. En 2014, elle s’est transformée en une association de médiation culturelle entre les institutions et les publics et a modifié ses statuts en conséquence.

Notre asbl existe depuis maintenant quatre années et évolue dans le sens de la modernité. Cinq axes structurent notre travail :

  1. la promotion de la gratuité de 150 musées les premiers dimanches de chaque mois. Les relations entre arts et publics ne sont évidemment pas une simple question de prix du billet. Cependant la gratuité du premier dimanche joue un rôle évident de porte d’entrée permettant d’entamer un travail de médiation. Dans ce cadre, un événement est organisé dans un musée chaque premier dimanche du mois, avec des animations à destination de tous les publics en lien avec la thématique développée par le musée.
  1. un travail de médiation à destination d’un public populaire à Bruxelles, avec l’opération « Pour 50c t’as de l’art », mené en collaboration avec le milieu associatif, les sociétés de logement social et les CPAS. Nous souhaitons principalement mettre en lien les opérateurs culturels avec le monde associatif actif en milieu populaire. En mettant en interconnexion sept musées et cinq quartiers bruxellois par des événements et des parcours ainsi que deux partenaires et une trentaine d’associations et écoles, ce projet rencontre particulièrement cet objectif ;
  1. le projet Vidéomuz, développé en collaboration avec PointCulture. Ce projet propose de mettre la démocratisation actuelle de la production de jeux vidéo au service de la médiation muséale en amenant un groupe d’usagers d’un musée à créer une œuvre ludique basée sur une des thématiques du musée en question, pour ensuite la mettre à disposition du public et l’utiliser comme outil de médiation. Pour la première édition, les musées de Mons via l’Artothèque ont été sélectionnés. Un groupe très diversifié en termes de genre, d’âge et d’origine sociale s’est créé et a participé à l’élaboration du jeu Artoquest. Le jeu est en ligne sur www.artoquest.com. Arts&Publics développe également d’autres projets en lien avec le numérique via son implication dans la promotion de Museomix et dans la Museumweek de Twitter.
  1. le projet Rives d’Europe vise la reconnaissance des fécondations culturelles multiséculaires orientales et occidentales. En 2016, Rives d’Europe a mis en place un nouveau projet de  Médiation interculturelle à l’aide du jeu vidéo. L’atelier consiste à apprendre la maîtrise du logiciel de création de jeux vidéo et, ensuite, collégialement, à inventer un jeu dont le thème est la déconstruction du mythe du choc des civilisations et la découverte des liens oubliés ou ignorés entre les cultures orientales et européennes… C’est ensemble que le fil narratif, la philosophie et l’esthétique du jeu sont élaborés. Sans tabou. En 2017, le projet Rives d’Europe propose une animation à destination des écoles secondaires de la Région bruxelloise, intitulée Lumière et lumières. La discussion sur la lumière est centrale dans la réappropriation par les penseurs orientaux des philosophies qui les précèdent, c’est pourquoi ce thème est particulièrement significatif de ce processus de fécondation culturelle dans l’espace euro-méditerranéen depuis plus de mille ans.
  1. la formation à la médiation culturelle, via le projet BAMBA ou Brigade d’animation et de médiation culturelle de Bruxelles-Athénée. Ce projet vise à former des médiateurs culturels issus de la commune d’Ixelles, dans le cadre du contrat de quartier Athénée. Des personnes en recherche d’emploi et bénéficiaires du revenu d’insertion sociale seront formées à créer du lien entre les institutions culturelles et les écoles du quartier. Une des priorités de la BAMBA sera de travailler vers ces populations scolaires et de créer un programme d’activités muséales et de médiation culturelle. Ces activités seront organisées par Arts&Publics en lien avec un comité d’enseignants des écoles du périmètre. Il s’agira d’un programme annuel de visites construit chaque année autour d’une thématique.